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Le grand chambardement

demenageur

Déménager, repeindre, arracher le papier peint, poser une moquette, installer une bibliothèque, abattre une cloison. Quand on a beaucoup d’argent, les entreprises pullulent. Il suffit, alors, de s’arranger pour ne pas trop se faire rouler. Quand on en a moins : SOS-copains. Il faut un tempérament de politicien plein à la fois d’autoritarisme et de fragilité pour convaincre les foules que vous avez besoin d’elles. Prévoir son affaire un mois à l’avance. Relancer deux semaines avant. C’est une tactique de relations publiques. Vous envoyez d’abord l’invitation. En expliquant : « Non, non, pas dimanche prochain, dans un mois. » Vous avez déjà apaisé et déculpabilisé ceux qui n’ont aucune envie de venir vous donner un coup de main. Le premier stade est la convocation.

Deuxième point : la location de matériel. S’il ne s’agit que de décoller du papier, la location de la décolleuse semble s’imposer. S’il s’agit de déménager d’une maison à une autre, la camionnette paraît plus nécessaire que la décolleuse. A priori.

Troisième épreuve : s’assurer que les recrues ne sécheront pas le jour dit. A cet effet, prévoir un buffet généreusement arrosé. S’arranger pour inviter à peindre la cuisine Ginette, que Mario n’a pas revue depuis dix ans.

Quatrième et dernier point : et si personne ne vient ? Franchement, vous allez continuer comme ça longtemps, dans le pessimisme ? Si personne ne vient, c’est que vous êtes une em… qui n’a pas su y faire, et que vous ne méritez pas de vivre seule. Si personne ne vient, vous achetez votre manuel de bricolage et vous vous débrouillez. Comme une grande.