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Le compte en banque

femme trader

La question n’est pas d’être homme ou femme pour les choses de l’argent. Il y a ceux et celles qui aiment et qui savent, et la cohorte des autres. Parmi ces invalides, il y a des femmes. Qui vivent seules, parfois.

Il n’existe donc pas à proprement parler une spécificité, par rapport au reste de la population, de la population féminine non gâteuse vivant seule en termes d’intelligence financière et de gestion correcte.

Le minimum est de tenir son carnet de chèques à jour, mais on le fait assez spontanément quand on a des inquiétudes financières. De pointer, tous les mois, le relevé en vérifiant sur les talons de chèque que les montants sont bien les mêmes. Quand on vit seule, on vit plus cher. Il faudrait donc réussir à mettre quelques sous de côté pour les vacances, impôts, déménagements éventuels. Une petite marge. Parce qu’il est vrai aussi que, si on vit seule, c’est que l’on ne peut compter sur personne…

On peut Sicaver pour contribuer à l’amélioration de l’économie française, tout en diminuant quelque peu ses impôts et en réalisant des économies forcées.

On peut boursicoter. Depuis l’ouverture du second marché, c’est facile. Il suffit de lire le journal tous les jours et de suivre les cotations. Possible et excitant, quand on travaille dans le domaine financier ou quand on a des creux et des temps morts professionnels. Facile quand on est entourée de connaisseurs ou en cherchant une idée sur un site de conseils financiers pour devenir trader par exemple. Autrement, il reste le chargé d’investissements de votre banque préférée. Celle où vous n’avez, bien entendu, jamais eu de découvert.

Le découvert… A moins de disposer d’une fortune personnelle ou d’être l’héritière d’une grande famille, il revient comme une antienne dans toutes les conversations et dans toutes les vies. Le découvert ne doit pas faire peur. Il se négocie. Toutes les entreprises fonctionnent sur le mode du crédit. L’essentiel est d’être en mesure de le rembourser et de débourser les agios qui vous seront facturés.

Finissons-en une bonne fois avec la maxime qui fleurit dans la bouche des autres : « L’argent ne fait pas le bonheur. » OK : il y a des gens très riches et très malheureux. Au cinéma et dans les romans, il y a des gens très pauvres et très heureux. Dans la vie, on a besoin d’un minimum pour payer le loyer, manger, s’habiller et s’offrir un peu de superflu de temps à autre. On en a psychologiquement d’autant plus besoin quand on est seule et pas accablée par un emploi du temps d’enfer. Discours élitiste ? Non : réaliste. Assassinons cette autre profession de foi, généralement proférée par ceux et celles qui ont largement les moyens de subsister : « L’argent ? Mais ce n’est

pas un problème… » Il est vrai qu’on s’en sort toujours. Plus ou moins bien. Il est vrai que les billets de banque ne sont pas l’emblème de la liberté. Il est vrai, encore, qu’on a peur d’en manquer quand on a peur de la vie. Cela ne change rien au fait qu’il en faut et que, si on ne peut pas ou ne sait pas « vivre d’amour et d’eau fraîche », on aime bien pouvoir inviter des amis, faire des petits cadeaux, s’acheter des livres, etc. Sans devenir un objectif de vie (et encore, pourquoi pas ? II y a tellement de gens qui vivent dans cette perspective que cela doit bien fonctionner comme moteur), l’argent est donc un facteur de vie que vous devez apprendre à gérer. Comme le reste. Il fait partie de ces réalités qu’on ne peut ignorer. Il faut en gagner, en mettre un peu de côté et en dépenser.

Le mythe du bas de laine est mort de sa belle mort. Toutes les initiatives gouvernementales vous associent étroitement à l’économie nationale. En plaçant, vous capitalisez sur le développement de votre pays et de votre style de vie. Mais vous n’y connaissez pas grand-chose. Alors, prise en charge, une fois de plus. Un rendez-vous avec le banquier. Une consultation avec votre beau-frère ou votre patron. Les conseils d’une copine initiée. Il faut faire confiance à ceux et celles qui s’y connaissent. Et faire bénéficer votre entourage de vos connaissances.

La dépendance économique vis-à-vis d’un homme est rendue obligatoire lors de certains épisodes de la vie. Lorsqu’on vit seule, elle est tout simplement hors de question. Lorsqu’on ne vit pas seule, il ne faut jamais perdre de vue que c’est une éventualité. Incontournable, encore une fois. Les femmes- fleurs font d’énormes concessions et compromis. Et le jour où elles se fanent ? ? ?

Achetez-vous des bouquins. Lisez les pages économiques de la presse. Ne vous désintéressez pas du soutien matérialiste de votre existence. On ne peut, hélas, plus baba-cooliser en !98?. Quoi qu’il arrive, il faut être prête à envisager les crises et les mauvais moments.

Ça peut commencer tout petit : arrêtez de fumer et achetez- vous une grosse tirelire dans laquelle vous verserez tous les jours l’argent du paquet économisé.

Gérer son argent, c’est aussi une manière de prendre des risques. De devenir adulte et responsable. Même si tout cela ne se termine pas forcément sur un matelas de billets.

Il y a des gens dont c’est le métier. Si tout cela vous échappe, il faut aller les voir et leur demander conseil. On peut habiter toute seule. On ne peut pas vivre comme si on était seule au monde. Qui vous le demande, d’ailleurs ?